Les pensées et travaux de Fairlight, alias Sylvain Martel, programmeur web, compositeur et musicien indépendant de Québec

Retour vers le futur

 // 26 novembre 2007

Bien que j’aie beaucoup de bons souvenirs de ma jeunesse à Chicoutimi, j’en garde généralement une impression négative à cause de toutes les périodes où j’étais le souffre-douleur de la classe et même quelques fois de toute l’école, des moments qui ont profondément influencé la personne que je suis devenu.

Lorsque je retourne en visite à Chicoutimi et La Baie, une chose que j’aime particulièrement faire est rouler seul en voiture dans des endroits marquants de mes souvenirs, mais en écoutant de la musique que j’ai découverte à Québec et qui me plaît vraiment aujourd’hui. La musique devient un symbole de ma nouvelle vie, de qui je suis et de tout ce que je possède maintenant. Elle est comme une couverture, une carapace qui me rappelle constamment qu’elle est là et qu’elle ne laissera plus personne me toucher. C’est comme une séance d’hypnose où l’hypnotiseur nous affirme que les images de notre passé qu’il extraie de notre inconscient ne sont que des échos qui ne peuvent plus nous faire de mal : je peux repenser librement à tous les épisodes de ma jeunesse fermement ancré dans le présent, sachant qu’ils ne peuvent plus m’atteindre.

Bien sûr que j’aurai des coups durs. Bien sûr que je ne suis pas à l’abri de tout et de tout le monde. Mais ce que j’ai accompli jusqu’ici restera toujours un appui dans ces moments-là.

[Soundtrack : Mercury Rev - The Secret Migration]

Commentaires (6)



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  1. Fel-X, 26 novembre 2007 :

    C’est bizarre de penser que ces années-là sont les plus déterminantes de notre psyché. Et c’est encore plus bizarre de réaliser qu’on a tous bien virés. On peut considérer que nous sommes tous des individus respectables, équilibrés, rigolos et sympathiques. Nous aurions tellement pu devenir des psychotiques, des dingues, des acariâtres hermitiques pu capables de la société.

    À la place, on est les Bisolars, on est un groupe d’amis vraiment fort (ce que très peu de gens ont, aie-je réalisé avec le temps), on est des gens talentueux (quoique légèrement procrastinateurs), on a survécus à des années de souffre-douleur et on s’est élevés au-dessus de ça.

    Pourtant, il me semble que je croise quotidiennement des gens qui sont plus maganés par la vie que nous et n’ont rien vécus de nos tapochages d’enfance.

    D’ailleurs, s’il-te-plaît, ne remettons plus jamais les pieds à Dominique-Racine ou Laure-Conan… j’en ai plus rien à foutre de nos vieux profs et de revoir ces batisses moches, qui sont encore plus moches que de notre temps.

    By the way, fuck le passé !
    Moi, mon enfance, s’était de m’enfermer avec vous pour déconner, rôder dans les rues de Chicoutimi en disant des conneries, aller prendre un typhon au Stade, manger une poutine au McDo à 3h du matin…

  2. Chantale, 26 novembre 2007 :

    En fait, avec les années, j’ai réalisé que la clé de notre force actuelle réside justement dans ces combats que nous avons menés, jeunes. À travers des expériences difficiles, nous avons exploré avant beaucoup de gens la souffrance, la colère, la peur… Ainsi, les expériences éprouvantes qui nous attendent à l’âge adulte ne sont souvent que de pâles répétitions d’expériences passées…

  3. Fairlight, 28 novembre 2007 :

    @Fel-X : Je ne peux pas dire que je trouve vraiment bizarre le fait que ces années aient été si déterminantes; c’est justement la période exacte où on forme le plus notre personnalité, où on commence à contredire nos parents pour s’affirmer, tout le bataclan…

    Je ne sais pas pour vous mais de mon côté, si j’ai bien viré, je pense que c’est en grosse partie dû à mon départ de Chicoutimi-Nord (un évènement que je considère toujours comme une des meilleures choses qui me soient jamais arrivées) et surtout à notre gang. Vous avez été mes premiers vrais chums et j’ai vécu plus de choses trippantes avec vous autres en 3-4 ans que pendant les 16 premières années de ma vie.

    Je ne sais pas vraiment où sont rendus les connards qui m’écoeuraient systématiquement aujourd’hui… Il y a quelques années j’ai revu un gars de mon primaire avec qui je m’étais bien entendu pendant une période et qui m’a donné des nouvelles d’autres élèves de ma pire année à vie (la 6ème). Je suis pas mal certain de me souvenir qu’il m’a dit qu’il y en avait qui étaient accusés de meurtre, mais pour les autres je déforme probablement mes souvenirs pour me contenter alors je ne prends pas ça pour du cash. Chose certaine, je n’en ai revu aucun au Cégep et on ne me fera pas avaler qu’ils sont tous partis étudier ou travailler à l’extérieur de la région à 16 ans.

    Pour ce qui est de retourner à Dominique-Racine, c’est drôle que tu en parles parce que j’ai justement arrêté devant en fin de semaine passée; mon cousin habite maintenant à la Place Des Écorceurs. Franchement ça ne me dérange pas du tout de retourner dans le coin, bien au contraire, parce que même si on trouvait beaucoup de monde con à cette époque, je n’ai pas de souvenirs de monde qui m’ont vraiment écoeuré là comme au primaire. Ca me fait encore plus réaliser l’importance que de tels évènements peuvent avoir dans ma vie, et surtout de l’importance d’avoir des vrais amis pour moi : dans la première partie de ma vie, me faire écoeurer était grave parce que j’étais tout seul, par la suite le peu de minables qui m’ont fait chier ne comptaient plus parce que j’avais du monde pour m’appuyer. C’est peut être différent pour toi, le monde qu’on haïssait à ce moment-là t’ont peut-être plus affecté que moi.

    Ceci étant dit, repasser dans ces rues aujourd’hui me rappelle exactement ce que tu as décrit : s’enfermer dans le sous-sol de tes parents, se rendre à pied au Couche-Tard en hurlant des insanités… C’est tout aussi le fun à revoir en écoutant ma nouvelle musique comme je l’ai décrit dans le texte. Alors pour ma part je dis “fuck” à mon passé avant vous autres!

    @Chantale : J’aime bien cette vision; le passé serait un vaccin contre le futur! :-) Effectivement ça nous donne une longueur d’avance et une base pour résister à des épreuves équivalentes dans notre vie d’adulte… Finalement ça semble comme dans n’importe quel autre domaine : l’expérience a une valeur inestimable!

    Mais je pense que ça peut nous donner aussi certaines faiblesses : par exemple une des choses que je déteste le plus est l’humiliation, la mienne ou subie par un autre, et c’est une chose que je sais qui me vient directement de mon enfance à faire rire de moi. Mais au moins j’en suis conscient et j’ai plus le temps de m’y préparer aujourd’hui.

  4. Luc Pelletier, 3 décembre 2007 :

    Je n’irais par contre pas jusqu’à dire “fuck le passé”. Si je dis fuck au passé, je dis fuck à ce que je suis présentement. C’est comme de dire qu’on oublie qui on est ce qu’on a fait pour y arriver. J’ai un gros penchant pour ce passé trouble et transformé par notre vision actuelle des choses. C’est comme si la réalité n’était pas fixée à une trame unique, mais était plutôt aussi différente qu’il y a de cerveaux pour l’observer.

    Et il n’y a même pas de comparaison à faire, c’est effectivement ce qui arrive. Et je dirais même qu’il y a autant de réalité qu’il y a de secondes dans la vie d’une seule personne. La réalité se transforme tout comme le temps bouge et se multiplie. Ce que nous voyons actuellement n’est pas ce que nous verrons quand nous ferons le prochain pas devant ou quand nous mangerons le morceau de toast qu’il reste dans notre assiette.

    Non-lié. C’est à ça que je pense, mais en même temps, qu’y a-t-il de plus lié que la réalité dans le temps? Des milliards de liens nous rattachent les uns aux autres, rattachent les événements passés ensemble pour créer ce que nous appelons obstinément le présent, alors même que ce présent n’existe pas. La devise “Ici, maintenant” est une devise très subjective quant au temps défini. Le “ici, maintenant”, une fois énoncé, est déjà le “là-bas, hier”.

    Enfin… “Le temps n’existe pas, Mélany, TSÉ!!!” On avait beau rire de Luc quand il a sorti ça, n’empêche qu’il avait bien raison…

    Peut-être percevons-nous les événements qui nous sont arrivés comme se suivant sur une ligne passée pour ne pas que nous devenions complètement fous….

    ?

  5. Luc Pelletier, 4 décembre 2007 :

    Ah! Une question! Comment tu fonctionnes pour donner des éléments à tes posts? Qu’est-ce qui fait que tel post est Terre et l’autre est feu-air?

  6. Fairlight, 5 décembre 2007 :

    @Luc Pelletier : Je vais d’abord répondre à ta dernière question… Je n’utilise pas Blogger alors je ne connais pas son interface, mais je pense avoir trouvé des tutoriaux pour les catégories ici ou encore ici!